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Alca9999 a dit que c'était bien de faire un album..en voyant ma photo de "star"
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Comme le professeur Nimbus, il m'a poussé un point d'interrogation au-dessus de la tête.
Aussi ai-je plongé dans les milliers de photos que j'ai.
J'en ai sélectionné quelques unes.. Juste pour voir mes différentes têtes et coiffures durant toutes ces années.. et puis subitement les souvenirs remontent.....
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Anecdote
Sur cette photo, je tiens dans mes bras la petite chienne que mon père en revenant d'une course ou promenade en vélo avait ramenée, ce devait être l'année 1946.. je sais que je venais d'avoir à peine 3 ans ....et je me souviens comme si c'était hier...
Je revois mon père en salopette bleue (à l'époque) et des pinces en fer pour coincer le bas du pantalon pour ne pas qu'il se prenne dans la chaîne.
Curieusement, dans la bavette, il avait une grosse bosse.. et çà bougeait..
Je lui saute dans les bras heureuse de le revoir et c'est là qu'il me dit "Fais attention, doucement...!".. En une fraction de seconde une question.. "pourquoi me dit-il çà ?" ... et je l'ai vu enfouir sa main droite dans la bavette pour en ressortir un petit animal noir et blanc.. qui gigotait dans sa grande main et qu'il me mit dans les bras
C'était une petite chienne.. un Fox Terrier Ratier à poil ras et queue courte naturellement, avec une flèche noire sur la tête dont l'empennage se trouvait sur son crâne et la pointe qui descendait sur son petit museau et se terminait sur sa petite truffe....
Je me rappelle que cette petite boule était toute chaude et qu'aussitôt j'en ai fait mienne.....Ensuite toute la famille réunie .. nous avons choisi son nom...
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Bobette...
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Qui l'a choisi ? je ne sais plus...!!!
Elle fut ma vie, ma confidente mon amie.. je l'ai adorée et elle me l'a bien rendu,
Nous avons déménagé alors que j'avais 4 ans... de mon village natal Mondovi (le même que celui d'Albert Camus) pour la grande ville située à 25 kilomètres...Bône, parce que mon père avait eu une promotion professionnelle
Adieu grande maison, jardin, et course dans les champs avec ma Bobette...et mes incursions dans les rangées de tomates.. où ma mère me retrouvait invariablement lorsqu'elle ne m'entendait plus.... car j'étais très remuante , déjà rebelle à toute règle imposée..et je croquais à pleines dents dans les belles pommes d'or, malgré l'interdit ....!
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Mon père avait fabriqué une caisse qui servit de lit à Bobette durant toute sa vie.. Je lui avais fait un matelas épais constitué de vieux vêtements et je veillais à ce qu'il n'y ait pas de pli..comme j'entendais ma mère le dire lorsqu'elle demandait de l'aide pour faire le sien ...
"attention, pas de pli parce que çà fait mal"...
Maman n'avait pas besoin de nous pour le faire mais c'est comme çà qu'elle nous a inculqué comment devenir des femmes et un homme capables de se débrouiller dans notre vie d'adulte.. en sachant tout faire, raccommodage, cuisine, lavage,ménage (sauf pour mon frère)...bien sûr dans le temps ... l'héritier du nom..comme tous les hommes ne devait pas se compromettre à aider une femme... mais ma mère et mon père lui ont appris d'autres choses en fonction de son rang de "mâle"..
Donc ... une fois le matelas installé dans la caisse de ma Bobette, et celle-di déposée sous une table dans un couloir de la maison, j'ai trouvé que ma petite chienne avait droit, tout comme nous, à être couverte... pour la nuit... et j'ai été "piquer" une jupe grise en tissu de laine .. très chaude ..appartenant à ma mère qui se trouvait dans un sac de linge qu'elle devait donner aux pauvres.
Ce fut un rituel entre Bobette et moi toute son existence.. elle ne s'endormait pas tant que je ne l'avais pas recouverte de cette jupe ... et je ne lui laissais dépasser que sa petite truffe noire..
Elle restait ainsi toute la nuit et si elle bougeait je la retrouvais le matin enfouie dans cette jupe totalement invisible me demandant comment elle pouvait respirer sans avoir son museau dehors...
Elle grandit bien sûr , moi aussi tout en devant un petit diable..et une ado un peu en dehors du schéma imposé aux filles, comme je l'ai dit ..j'étais rebelle aux ordres ..mais obéissante si on n'employait pas un ton péremptoir... déjà ....çà promettait n'est-ce pas...!!! ce qui me valait régulièrement quelques fessées et je devais avoir les fesses dures car la main de mes "bourreaux " s'était transformée en lanières de martinet.....ce martinet était pour tout les enfants de la famille....
Mais voilà, là aussi.... en complicité avec ma fratrie.. et le cousin germain de maman qu'elle élevait (car il venait à l'école en ville..ses parents étaient de gros fermiers.. et à la campagne.. pas d'école), nous coupions régulièrement une lanière de cet instrument de punition jusqu'à n'en laisser qu'une..... Je ne vous décris pas la réaction de ma mère et de ma grand mère car nous étions venus vivre chez elle.
Là aussi Bobette intervenait pour me sauver de la griffe de mon "tortionnaire" frère, soeur, parents suivant le cas.. elle se mettait entre nous et aboyait sans relâche en sautant....comme un cabri.. puis elle reculait.. coinçait son arrière train contre mes chevilles .. et retroussait ses babines sur ses petites quenottes bien blanches et bien aiguisées...Son attitude était une mise en garde "pas touche à ma petite maitresse"
Devant ce semblant de fauve et vu son attitude coléreuse..sa petitesse et tant de fidélité, il était bien rare que je finisse par recevoir ma raclée.. Si par hasard on passait outre ... ma Bobette sautait sur le dos ou le fessier et se retrouvait suspendue au tissu à la hauteur des fesses que ce soit du pantalon ou de la robe et elle ne lâchait sa prise qu'une fois le calme revenu.. Ce qui arrivait rapidement...
Ah cette jeunesse ....! Que feraient les enfants de nos jours...??? (un procès comme bourreaux d'enfants... et pourtant une correction juste remettrait souvent les pendules à l'heure.. et repositionnerait les parents démissionnaires dans leur rôle de parents, d'adultes)
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Un jour , alors que mes parents avaient décidé de nous emmener, ma soeur, mon frère et moi passer une journée à la plage nous avons tous cru revenir sans notre chienne...
Bobette a "attrapé une insolation" ai-je entendu... elle va mourir si on la ranime pas (elle était sans connaissance)..
Mon père m'envoya chercher de l'eau de mer pour lui rafraichir la tête pendant qu'il lui faisait plusieurs massages cardiaques.... son petit coeur est reparti mais elle grelottait de froid alors que le soleil frappait fort.. Il fallait maintenant la réchauffer et mon papa eu l'idée de la mettre dans le sable très chaud... ...il creusa une sorte de berceau l'y déposa délicatement et la recouvrit de sable doré brûlant... qu'il changeait régulièrement pour le maintenir à la même température...Cela a duré, duré, duré je pense qu'il s'est écoulé au moins 3 heures, si ce n'est plus, sans que mon père et ma mère ne se découragent... lui parlant, lui caressant la tête.. je pleurais.. Je voulais la prendre mais ils ne l'ont jamais voulu..
Lorsqu'ils l'ont vu bouger et essayer de sortir de son berceau de sable... ils ont eu les larmes aux yeux..je pense de bonheur ou de trop de tension. J'ai eu seulement à ce moment là le droit de la prendre aux bras..
Mes parents avaient prévu le pique nique sur la plage pour le soir ... mais le coeur n'y étant pas..ils ont décidé de revenir à la maison afin que ma Bobette retrouve son lit et sa maison.
Je l'ai accompagnée jusqu'à sa caisse et couverte .. sans qu'elle ait voulu manger. Le lendemain ce fut l'angoisse car elle ne se leva que pour faire ses besoins et boire et refusa toute nourriture...même donnée par ma main
Arrivé le soir, elle était toujours dans sa caisse, couchée, épuisée et je lui apportais de l'eau dans le creux de ma main..disons quelques gouttes qu'elle léchait avec sa petite langue rapeuse..
Dans la nuit, en catimini, je me rappelle avoir enlevé le couvre lit de mon lit et j'ai été me coucher à même le sol sur ce dernier à côté de la caisse, sous la grande table..Le lendemain matin c'est ma grand mère, levée la première car elle devait prendre son service en sa qualité de Chef de cuisine au Lycée Mercier, un lycée de jeunes filles, qui m'a trouvée ainsi couchée ma main sur le ventre de Bobette...
Elle me réveilla et au même moment j'ai vu, avec mes yeux tout ensommeillés, ma Bobette dresser sa tête et ses oreilles avec vivacité..
Grand mère alla chercher mes parents et ce fut un moment intense d'émotion ... lorsque papa ou maman, je ne sais trop.. a déclaré.." Bon c'est fini, maintenant elle va bien"..
Ma petite chienne et moi ce fut quinze années de bonheur et de complicité.. jusqu'au jour où elle choisit de disparaître de ma vie sans bruit , sans rien laisser paraitre..Bien sûr la veille de sa mort j'avais bien vu qu'elle avait quelques difficultés à vouloir jouer mais elle était âgée...
Nous avions une grande cour dans laquelle les voisins.. avait construit une sorte de maison (ex poulailler) dans laquelle ils avaient stocké des cartons, des tissus déchirés .. et c'est là que ma mère , qui cherchait ma chienne tout comme moi, mon frère, ma soeur et mes voisins.. l'a découvrit. inanimée, sans vie.. Elle ne voulut pas que je la vois pour que je conserve toujours une belle image de ma Bobette..
Je me rappelle mes pleurs,mes sanglots, j'étais âgée de 17 ans et je venais de perdre celle qui avait illuminé mon enfance, mon adolescence...et je vous assure qu'en écrivant ces lignes mes yeux s'embuent et je revois tout..
Mon chagrin fut l'objet de quolibets de la part de mes amis garçons qui ne comprenaient pas cet immense chagrin qui m'habitait..pour un animal.. ils me disaient " mais vu tes larmes et ton chagrin on a cru que c'était quelqu'un de ta famille qui était mort..."
Elle fut enterrée dans la villa des beaux-parents de ma soeur.. sous un énorme pied de marguerites...
Je me suis sentie orpheline une deuxième fois ... mon père étant malheureusement décédé à l'âge de 39 ans des suites d'un ulcère perforé à l'estomac..caché derrière le duodénum et que l'on avait pas vu avec les radios de l'époque en 1950-51
Pour en revenir à cette photo, vous me voyez assise dans un baquet en zinc ..que ma mère ou ma grand mère remplissait d'eau et que l'une ou l'autre laissait chauffer au soleil... et j'y prenais mon bain... C'était vraiment génial....
Derrière moi.. la porte que l'on aperçoit c'était la buanderie.. où il y avait des bassins pour y laver le linge et un fourneau avec une grande lessiveuse où les draps bouillaient et pour leur donner encore plus de blancheur je sais que maman ou grand'mère les arrosaient avec des cendres..
A ma gauche, un bananier.. qui nous donnait un énorme régime de bananes succulentes.
Lui aussi a une histoire... il fut planté par mon père... A cet endroit, il y avait un bassin ou un puits rempli d'eau et dans lequel mon frère à l'âge de neuf ou dix mois échappant àla surveillance de ma mère, qui étendait les draps, tomba dedans.
Heureusement qu'elle s'en aperçu rapidement.. elle plongea ses bras dans le bassin et l'en retira déjà moitié asphyxié (Cette histoire je ne l'ai pas vécue.. je n'étais pas encore née..mais maman la racontait quelques fois lorsque nous regardions les vieilles photos).
Bien sûr mon père combla le puits et y planta le bananier.. qui s'y trouvait à l'aise vu que ses pieds étaient toujours bien humides car c'est un "arbre " grand consommateur d'eau.
Voici pour l'histoire de cette photo



























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