Accueil Date de création : 18/04/07 / Dernière mise à jour : 30/08/08 15:29 / 7229 articles publiés
 

Anureva - Lycée Mercier  posté le samedi 15 mars 2008 02:06

Classe de  4ème B1

Année  1958-1959

 

OU SUIS-JE ?

 

Blog de anureva2 : Le Firmament, 1958-5- 

 

 

Au premier  rang  tout à gauche...

 l'amie qui m'a fait rencontré le père de mon fils..

lien permanent

Anureva - école Sadi Carnot  posté le samedi 15 mars 2008 01:07

 Cours Elémentaire 2ème année

1950-1951

 

OU SUIS-JE ?

 

 

Blog de anureva2 : Le Firmament, ou suis je

 

******

***

*

 

Souvenir douloureux que cette photo car le lendemain, alors que j'étais en classe, j'ai vu arriver  deux de mes voisines qui se sont mises à parler  a voix basse avec l'institutrice qui ne cessait de me jeter des regards..

Je me demandais ce que j'avais pu faire .. !!

Soudain, d'une voix gentille, elle me dit de prendre mes affaires et de partir...avec les deux voisines

 

 

J'ai du avoir un regard très interrogateur, parce qu'elle me dit .." elles t'expliqueront en chemin.."

Finalement j'étais contente de partir avec elles alors que mes camarades restaient en classe à travailler..

Sur le chemin du retour qui menait à la maison .. les deux amies de mes parents me disent

 " on te ramène à la maison parce que ton papa est revenu"

Tout heureuse, je me mets à sauter comme un cabri  parce que mon père était parti depuis plusieurs jours à la clinique se faire opérer d'un ulcère perforé ..comme je l'ai dit caché derrière le duodénum et invisible aux radios.

 

*****

***

*

 

Lorsque nous sommes arrivées  à la maison  la porte d'entrée était ouverte, des gens  debout sur les marches de marbre, des gens dans le grand couloir... des gens dans la salle à manger, toutes les portes et les fenêtres étaient ouvertes et les glaces recouvertes de draps blancs.Des femmes en pleurs et en noir...

 

****

**

 

Je cherche ma mère. Je la trouve dans la cuisine   le coude  sur la glacière, elle pleurait, des femmes autour  qui semblaient la consoler..

Je lui demande "Maman, maman, où est papa ? "

elle me répond d'une voix faible..."Il est dans la chambre, va le voir"

Et là ce fut l'horreur.. encore des femmes qui pleuraient, je ne comprenais pas pourquoi.. lorsque je vis mon père allongé sur son lit un bandeau sur la tête..

Une femme me saisit par épaules et me poussa vers lui en me disant.. " viens, il faut l'embrasser"

Inconsciemment je renâclais, je ne voulais pas.. il y avait quelque chose d'étrange.. !! Une fois près de lui , j'ai compris qu'il était mort , je me suis mise à hurler comme une bête...  j'ai eu peur de l'embrasser...

C'était la première que j'étais confrontée à la mort...sans égards.. je me débattis très longtemps dans les bras de cette femme qui insistait et qui me grondait parce que je lui obéissais pas..  pour dire un dernier adieu à  mon papa..

 

*****

**

*

 

Durant des années et encore maintenant je revois cette image de mon père, de ma mère, de tous ces gens , et ma réaction...

Je me dis que dans le temps .. aucune psychologie pour préparer la jeune enfant que j'étais ...je n'avais que 7 ans ..., à cette étape qu'est la mort.

Longtemps je fus hantée par cette vision et j'ai cauchemardé des nuits et des nuits.

*****

*

 

Mon père fut enterré le 2 mai 1951. Il avait 39 ans 1/2 

 

****

*

 

 

C'était un corbillard noir avec des chevaux, ma mère n'a pas pu suivre l'enterrement, car elle était à bout de forces... et nous, les trois enfants,  nous étions au premier rang ..derrière le cercueil..

La rue était remplie de monde de bout en bout, il y  avait au moins 400 personnes.. nous étions très connus.. Mon père travaillant  aux contributions directes d'Aïn Mokra...

Algériens et européens, tous unis dans un immense chagrin  ont accompagné mon père à sa dernière demeure.

 

La vie a continué ..

mais mon père me manque toujours..

 

mais où suis-je sur cette photo ?

lien permanent

Anureva - août 1961  posté le samedi 15 mars 2008 00:48

Me voilà encore devant le Théâtre national de Bône, une merveille... et toujours le photographe.. 

****

**

*

Là je pouvais me payer une  photo.... je travaillais .. mais à l'hôpital Civil et Militaire au service des décomptes payants, j'avais quitté les ponts et chaussées parce que le chef de service me harcelait sexuellement. Malgré le fait qu'il était marié et père de 2 enfants.. il me disait que çà ne l'empêcherait pas d'aimer sa femme et ses enfants tout en ayant une maitresse.... Déjà ..!

****

**

*

J'ai donc décidé de donner ma démission alors que je pouvais le faire sanctionner très sévèrement car en Algérie on n'acceptait pas ce genre de choses dans les bureaux...

Le Directeur  ne comprenant pas le fait que je parte lui semblait-il sans raison et me connaissant bien je pense , a fini par me faire avouer le motif de mon départ.. 

Il a trouvé que j'avais un "noble coeur" devant  ma décision et m'a demandé si je le voulais  déposer une requête , que je pouvais rester, mais qu'il sanctionnerait l'ingénieur .... J'ai refusé estimant qu'il était non seulement marié mais qu'il avait deux enfants en bas âge. et que c'était inutile.

C'était le mois d'avril  1961 et un vendredi.

Ce que je ne lui avais pas dit c'est que je commençais le lundi à l'hôpital.

******

****

*

Sur cette photo j'étais enceinte de deux mois

lien permanent

Anureva - 6 mai 1961  posté le samedi 15 mars 2008 00:47

Devant le théâtre de Bône

 

Ma robe est en nylon blanc et rose à petit carreau (style Brigitte Bardot)

c'est moi qui l'ai faite..

la mode était aux jupons gonflants

A mon avant bras un magnifique bracelet en or que ma mère m'avait offert ..ma soeur avait le même..

lien permanent

Anureva en automne 1960  posté le vendredi 14 mars 2008 22:55

Mon pull était bleu Roi et ma jupe en velours noir

 

J'ai fait prendre cette photo  par mon frère .. mais il ne savait pas que c'était pour l'offrir à mon "flirt" ...Oh là ..! surtout personne ne devait savoir...! sinon gare...!

 

*****

***

*

 

Ce flirt étant devenu mon époux et le père de mon fils..

***

*

Mais là aussi ...J'ai connu en fait ce garçon ... en rendant service à une amie.. qui elle était très délurée et qui avait un copain avec lequel elle batifolait  sec..

Comme les miens, ses parents la surveillaient mais  elle arrivait à leur échapper.

Un jour, mon amie M.B me demanda de lui servir d'alibi auprès de ses parents parce qu'ils avaient confiance en moi.

Elle me dit qu'elle avait rendez-vous avec JPP et qu'il fallait leur faire croire  que nous étions ensemble chez moi à potasser.. Heureusement qu'il n'y avait pas de téléphone portable, ni de fixe sauf dans les administrations ou chez les gens aisés.

Ne sachant dire non j'acceptais. Inquiète je lui pose la question suivante " bon, pendant que toi tu es avec ton amoureux dans l'appartement .. moi je dois attendre dehors que vous ayiez fini.. c'est bien ..mais çà va durer combien de temps ?"  Elle m'a répondu  " ah çà ne t'en fais pas , il y a un copain à JPP qui sera là  et il cherche une amie avec qui sortir".. 

Voilà comment j'ai connu le père de mon fils.. et que j'ai commencé à sécher les cours au Lycée et que lui quittait son travail pour me rejoindre. Ilavait une "lambretta" un scooter et on en profitait pour quitter le centre ville pour ne pas qu'on nous voit..

 

****

**

*

Malheureusement...par une belle après-midi ensoleillée... vétue d'une jupe rouge.. et d'un chemisier en nylon blanc à pois rouges, j'ai été vue sur le scooter... par mon frère...

Nous avions emprunté le boulevard où il avait son lycée et par malchance il était sorti plus tôt  parce qu'un professeur manquait... Nous ne l'avions pas vu . Je suis rentrée confiante à la maison où une gifle magistrale recto et verso m'a accueillie lorsqu'à sa question de savoir si mes cours avaient été intéressants, j'ai répondu .. oui c'était bien ... j'ai appris plein de choses.......

Je vous laisse deviner la suite...maman m'a coupé les cheveux pour m'empêcher de sortir, j'ai été mise en pension au lycée  pour la fin de l'année scolaire et surveillée par ma grand mère chef de cuisine justement dans ce lycée..

 

****

*

  Celà ne m'a pas empêché comme toutes les filles amoureuses de correspondre et l'été venu ... on s'est revu ...et pris encore plus de précautions.

 

lien permanent