19 AOUT 1987
TROISIEME JOUR
CORPS MORT DE
CAVALAIRE
Le
jour est là, le soleil pénètre dans la cabine,
il annonce déjà une journée chaude.
7 h 30 - REVEIL -
TOUT ce petit monde est en forme.
Marc
accoste dans une place vide pour nous permettre,lui y compris, de
faire toilette et les emplettes pour le repas ainsi que les "cartes
postales".
8 h 30 - PETIT DEJEUNER
Marc
a été chercher les croissants. Claire a
préparé les petits déjeuners. Elle
connaît parfaitement les goûts de chacun. Lilette
et moi mettons de l'ordre et faisons la vaisselle
ensuite nous lavons le bateau.
Marc
est reparti chercher de la glace pour la journée.
Soudain arrive un "sale type" qui veut sa place !!! Le
butor n'a pas de patience.
Comme un enfant gâté il s'écrie
"C'est ma place, je la veux".
Malgré nos supplications de prendre un peu
patience, il décroche les amarres avant et pousse le
voilier.
Heureusement, en tant que femmes assez rouées,
nous faisons les innocentes en disant que nous ne savons pas
décrocher l'amarre arrière... tout cela pour gagner
du temps et permettre ainsi le retour du "BIG CHIEF"
Une
jeune femme alertée par la discussion se propose de nous
lancer une corde et de nous haler deux place plus loin où il
n'y a personne de la journée.
Dieu
merci !! Marc arrive, Il est 8 h 40. Son absence a
duré environ quinze minutes. Il déplace le bateau et
cherche ensuite le bonhomme pour lui reprocher son
incivilité.
Débarquement.
Direction les magasins pour les courses...
J'achète un matelas car mes fesses et mon coccyx
sont endoloris car le siège plastique du voilier est
dur.
Auparavant j'étais entrée dans un
bar-glacier pour une commission extrêmement urgente..
Consommation prévue !! Mais à ma sortie, Claire et
Lilette m'attendent debout dans un coin de la terrasse et me font
signe d'approcher..... Elles préfèrent aller en face,
les consommations sont à moitié
prix.

Comme trois voleuses, nous nous
éloignons.
Notre boisson avalée, elles
choisissent de prendre la cuillère à
café la plus solide et la plus chouette..... Va pour la
mienne !!! (Il manquait des petites cuillères à
bord.... et puis disaient elles "une seule ce n'est pas grand chose
!" Chipie..va..!
Courses faites, 10 h 45 retour au
bateau. Il fait très chaud. Nouvelle douche sur le quai.
Lilette lave ses cheveux, et moi je vais chercher les
glaçons au distributeur.

11 h - Direction le large. Marc
est enchanté de l'ordre et de la propreté de "ses"
femmes et surtout de leur entente compte tenu de la
promiscuité. A l'instar, nous , les midinettes sommes
ravies de sa courtoisie et de sa netteté.
Le
capitaine tient la barre, dirige le "lou canou" vers l'ILE DU
LEVANT. Le matin, pendant notre absence il en avait profité
pour changer le moteur, le premier ne tenant pas le
ralenti.
Mer
calme.Voyage sans encombre, ni incident notable. Claire prend la
relève à 11 h 30 pour permettre
à notre Marc de siroter son "pastis" en
toute tranquillité.
11h 45 Claire et moi-même prenons
un whisky-jus de fruits exotiques servi par marc qui en profite
pour en reprendre un second "léger". Lilette toujours
stoïque n'a pas soif ...
13 h - On approche de l'ILE DU LEVANT, Claire dirige le
bateau sur les conseils de Marc . Arrêt dans une crique
superbe, Bain avec bouée pour les deux gamines et moi
j'ai été cueillir des "patelles" ou "arapèdes"
ces petits coquillages en forme de chapeau chinois qui sont
collés aux rochers.
Hélas, je suis revenue peu de temps après
avec seulement une dizaine de ces crustacés Le ressac trop
violent à cet endroit me drossait contre les rochers
dont les arêtes vives me lacéraient la
peau.
14 h 20 - Repas -
Salade composée, riz, tomates, thon, haricots
verts, fromage, fruits.
Marc
parle de pêcher et de ne pas faire sa sacro sainte
sieste.
Tous
les quatre alors que nous dégustions notre
café nous voyons qu'une vedette de la
GENDARMERIE NATIONALE accoste le
"LOU CANOU" et qui nous intime l'ordre de partir dans
les 2 mn 42".
Aucun des occupants n'a voulu accepter le café
que je leur offrais, disons-le, pour la
forme.
Brrr!! Beaux les gars mais imbus de leurs
prérogatives.
Quelques secondes après,
l'hélicoptère tourne autour de nous, descend
très bas et nous montre, en brandissant une pancarte
à l'envers sur laquelle nous pouvons lire malgré tout
"DANGER, ZONE DE
TIR".
Sitôt après l'hélico se crashe, les
occupants sont indemnes, l'appareil bien endommagé (lu le
lendemain dans les journaux de la région)
Café fini, ancre ramenée, direction plage
des NATURISTES, il est 15 h 30 lors de notre
arrivée.
Débarquement des deux starlettes, Claire et
Lilette avec tout leur barda (mot arabe). De ce fait , j'ai
du aller à la nage parce que le zodiac était
déjà très chargé (moteur posé
à l'intérieur).
Accostage sur la plage des nudistes...notre impression
..? toutes ces bêtes humaines "ZIZI" à l'air, blanc ou
bronzé, mont de Vénus pour les femmes plus ou moins
déplumé nous ont fait penser à des singes
blancs sur une île.
Difficulté pour trouver une place, même sur
les rochers aux arêtes vives.
Toutes les trois nous sommes brusquement
interpellées par une femme bedonnante et un homme qui
ne nous est pas inconnu ... Mon Dieu !! un danseur de
la boite de nuit "CANNES-PALACE"
Toutes nues... il faut que nous nous mettions
"TOUTES NUES..,? "
Claire et Lilette me demandent d'aller chercher
Marc pour qu'il vienne les reprendre avec le zodiac. Elles
étaient mécontentes du ton comminatoire
employé et on ne peut plus menaçant. Dans l'autre
hypothèse se seraient elles exécutées
?
Pauvre Marc, il venait juste de remonter sur le voilier.
Mais devant l'attroupement provoqué et qui nous encercle, je
plonge et vais chercher notre sauveur qui est vraiment de bonne
composition;;;
Sans
hésitation, le gentil capitaine va chercher les deux
fillettes pendant que je préparais du café pour les
réconforter et qu'elles se remettent de leurs
émotions.
Récit de l'évènement à Marc
qui s'écrie " Eh Bien voilà maintenant qu'on voulait
violer mes femmes ...:"..Cette note d'humour a immédiatement
détendu l'atmosphère.
Nouveau départ en direction de "L'ILE DE PORT CROS"
18h - Crique magnifique avec une plage
de rochers plats et du soleil.
Attention !!! les oursins pullulent, mais l'eau est si
claire que nous les naïades (Lilette et claire toujours avec
leur bouée) les voyons.
Installées sur un rocher, Claire ,
Lilette et moi reparlions des incidents lorsque
soudain des TAONS attaquent en force..
Claire crie, les épaules couvertes d'une
serviette, les hanches entourées d'une autre, les lunettes
de soleil sur le nez lui-même protégé par un
carré de sopalin blanc à carreaux rouges, mon bonnet
sur les cheveux.. Elle présentait un tableau à ne pas
manquer. J'ai pris des photos avec un appareil jetable
acheté à Cavalaire, car vraiment l'image offerte par
elle , en plus réfugiée dans l'eau jusqu'aux genoux,
ne devait absolument pas être ratée d'autant que
Lilette en avait fait autant pour se protéger, mais
c'était moins spectaculaire.
Je
leur crie dans les mains en cornet sur la bouche " Mais je
n'ai jamais vu des taons venir sur des humains .. mais que sur des
vaches ..!" et juste à ce moment-là je subis les
assauts douloureux des insectes.
Holà qu'avais-je dit ! "Eh bien justement "
s'écrient mes deux gazelles en riant..
J'entre en bagarre avec les bestioles et pratiquement
sans protection contre eux j'ai du mal à tenir mon journal
de bord. Me voilà en train de me couvrir aussi.
Toutes les trois nous n'avions qu'une hâte c'est
que notre pauvre Marc revienne nous chercher, tout au moins Claire
et Lilette car notre capitaine s'était éloigné
pour pêcher. J'aurais pu aller le rejoindre à la
nage mais c'était encore le déranger dans son
repos-loisir
Ouf !! 19 h , le voilà avec une
pêche miraculeuse en si peu de temps : Sarans, girelles
royales, dorades etc... vraiment superbe ce panier. !
Tout
le monde rembarque y compris moi , Direction le Port de l'Ile.
Hélas, 20 h 45 plus de place dans le port,
donc nouvelle nuit au corps mort.

Pourtant ce soir, malgré la nourriture qui est
à bord, Marc a décidé de nous inviter au
restaurant toutes les trois, ses "nanas"
Il
se fait beau Bermuda, chaussettes, chaussures, polo blancs... Il
est très très classe.
Claire et Lilette s'habillent comme deux jumelles, Jean's
et bustier blanc. Seules diffèrent leurs chaussures, bleues
pour l'une, noires pour l'autre. Marc n'appréc ie pas
tellement leur toilette car illeur dit qu'elles sont
drôlement ficelées parce qu'elles ressemblent à
des baguettes dans leurs pantalons bien moulants... Quant
àmoi, je ne suis pas très pantalon et j'ai mis
une robe rouge serrée, sac et chaussures
assortis.
Nous
voilà tous les quatres dans le zodiac voisinant avec les
sacs d'ordures ménagères et le moteur. Le canot
était en plus plein d'eau. Où mettre les pieds ? ..
Où poser les sacs ?? Quel tableau !!!!
Marc
medemande de ramer avec lui... pas facile, je suis en
équilibre instable sur le rebord. "Trop vite", " trop
lentement !" "tu rames à l'envers !"
Bref
! nous voilà rendus à quai. Il faut maintenant
y monter l'un après l'autre sans faire chavirer les
occupants restants.
Marc
se lève, s'accroche au quai, Claire s'esclaffe en voyant le
fond du bermuda de Marc, tout sale (auparavant, il avait
déclaré qu'il ne risquait rien et que tout
était propre comme un bijou).
Lilette passe la première sans encombre. Vient
ensuite le tour de Claire toujours pliée en deux par son fou
rire qui commence à devenir communicatif.
Elle
se redresse, essaie de monter, toujours en riant, ce qui devient de
plus en plus difficile.
A un
moment imprévu elle glisse sur le caoutchouc du canot, se
raccroche d'une main au quai, et l'autre à Marc, en
même temps qu'elle envoie un coup de pied directement
sur les fesses de Marc. Adieu le beau blanc, Claire l'a
achevé car Marc perd l'équilibre et se rattrape de
justesse au quai pendant que moi encore assise me raccrochait
désepérément au rebord du zodiac.
Enfin, robe relevée je passe sur le ponton sans
encombre.
Il est 21 h , les boutiques sont encore
ouvertes. L'île pullule de monde.
Premier restaurant, pas de place, mal accueillis ce qui
n'est pas du goût de Marc
Deuxième restaurant, pas de place, mais on nous
propose de nous servir vers 21 h 30 ce qui sera en
fait fait à 22 h 30.
Le
repas est succulent, nous avons bien fait d'attendre.
Pendant cette attente, consommation au bar du restaurant.
Drôle de goût, l'eau est saumâtre car il n'a pas
plu, les puits sont à sec et la ville de
HYERES n'a pas envoyé le tanker d'eau.
Coût de chaque voyage en cette année
600.000 francs.
Pas
de W.C à cause du manque d'eau, il nous faut aller à
la capitainerie. Claire souffre de constipation et elle n'a pas
voulu prendre les pillules que je lui avais proposées de
crainte de ne pas avoir ses commodités au moment
crucial.
Donc
à 22 h 10 l'aubergiste nous appelle. Au
menu SOUPE DE POISSONS, divine, Dorades succulentes et flan
caramel. Marc, lui a pris des côtes d'agneau
accompagnées de frites.
23 h 45 - retour sur le bateau. Je me
suis acheté deux paréos.

J'ai
enlevé ma robe de crainte de la déchirer en
descendant dans le zodiac. Tout le monde est à bord du
voilier, sauf Claire qui reste dans le canot. Soudain Marc
lui dit àla suite d'une boutade "On demande pardon à
MONSIEUR Marc" ..
-
Claire .."Ah çà non jamais ! et pour quelle
raison ?"
-
Marc "Alors vous ne monterez pas"
-
Claire "Alors, je ne monte pas.."
-
Max "Alors restez où vous êtes" et en même temps
il lance les cordes dans le zodiac.
Voilà notre Claire partie à la
dérive, sans rames dans la nuit noire. Inquiètes
Lilette et moi l'appelons, elle ne répond pas. En plus pas
de lumière à bord : la cartouche de gaz a
foiré en voulant la visser sur la lampe.
MINUIT - Marc commence à
être inquiet, il plonge, va à la recherche du zodiac
en prenant la direction du large. RIEN.
De
plus en plus inquiètes Lilette et moi restées sur le
"LOU CANOU" allumons la lampe de cuisine et la
balançons pour signaler l'emplacement du
voilier.
Soudain nous entendons des voix étouffées.
Ce sont celles de Claire et de Marc qui l'a enfin retrouvée
entre deux bateaux presqu'à l'endroit où nous avions
débarqué un peu plus tôt.
Ouf
! ils reviennent, Marc assis à l'avant fait avancer le
zodiac et sa passagère en faisant rame avec ses
mains.
Quel
soulagement pour nous deux restées à bord et nous ne
nous gênons pas de gronder Claire pour ne pas avoir
répondu à nos appels.
Explication de Claire "Je me
trouvais entre les deux bateaux à la hauteur d'une cabine
dans laquelle un couple faisait l'amour et il s'en donnait
à coeur joie et je n'ai pas eu envie de signaler ma
présence afin de ne pas les déranger.
Il est 0 h
30
Trés belle nuit calme et
étoilée......
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